Vote du nouveau code électoral : Le Parti pour la Libération du Peuple réagit

Le vote du nouveau code électoral fait réagir les acteurs politiques. Le Parti pour la Libération du Peuple de Léonce Houngbadji est monté au créneau à travers une déclaration de presse. Lisez plutôt:

Talon, Houngbédji et BMP créent une station d’essence pour brûler le Bénin et sa démocratie

Cotonou, Bénin, PLP-CP/N°369/03-09-18/17h48 : Après la Charte des partis politiques liberticide et anticonstitutionnelle votée les yeux fermés par les députés de la majorité parlementaire, déclarée conforme à la Constitution par la Cour de la « ruse » et de la « rage », c’est le tour du code électoral d’être adopté dans les mêmes conditions.

Réunis ce jour, lundi 03 septembre 2018, les députés de la majorité parlementaire, soutenant l’action gouvernementale, ont rejeté tous les amendements de leurs collègues de l’opposition et approuvé la loi 2018-31 portant code électoral en République du Bénin. Ce document scélérat est un véritable poison :

 

1.) La caution pour l’élection présidentielle est passée de 15 millions à 250 millions de F CFA

 

2.) La caution pour les listes aux législatives est de 10% des frais autorisés pour la campagne soit environ 249 millions de F CFA par liste

 

3.) Il faut désormais avoir 10% des suffrages exprimés au plan national pour enlever des sièges de députés

 

4.) Les douaniers et les forestiers sont exclus de la compétition à moins de démissionner de leurs fonctions à un an des législatives

 

5.) Les alliances de partis ne peuvent pas participer aux élections législatives

 

6.) Le quitus fiscal attestant que le candidat a payé ses impôts lors des trois dernières années est exigé

 

La 7ème législature vient ainsi d’enterrer la démocratie béninoise et ouvrir grandement les fenêtres à des crises politiques sans précédent. Car, ce nouveau code électoral est une station d’essence créée pour brûler le Bénin et sa démocratie.

 

La loi 2018-31 portant code électoral en République du Bénin appelle de notre part les observations suivantes :

 

– Les montants des cautionnements pour participer aux élections législatives et à l’élection présidentielle sont exagérés et très exclusifs. Cette prétendue réforme présente des germes de vices et de discrimination. Elle paraît comme un instrument de promotion de l’aristocratie dans un pays où le SMIG est de 40 000 F CFA. Cette disposition consacre une rupture d’égalité de tous les Béninois devant la chose politique au profit de la mafia, cette classe oligarchique économiquement plus forte.

 

– Concernant la question des 10% de suffrages au niveau national pour engranger un siège aux législatives, il s’agit d’une entreprise machiavélique contraire à l’esprit des législatives dans la mesure où les circonscriptions électorales sont bien déterminées à l’avance. Sur cette base, le pouvoir tyrannique et clanique de Patrice Talon peut entrevoir des finalités politiques pour empêcher paradoxalement l’ancrage territorial d’un parti politique d’opposition.

 

– La formulation et le procédé de délivrance du quitus fiscal posent de sérieux problèmes, vu que l’autorité de délivrance est assurément l’administration, le bras opérationnel du pouvoir exécutif duquel elle reçoit ses orientations. Il est donc à craindre que le pouvoir exécutif, qui organise une élection politique, recherche, sous des motivations fallacieuses et politiques, l’éviction d’un candidat sérieux par le biais de la non délivrance du quitus fiscal.

 

En d’autres termes, par quelle alchimie un Béninois qui gagne sa vie à la sueur de son front trouvera-t-il 250 millions de F Cfa pour participer à une élection présidentielle ? Par quelle alchimie un parti politique qui n’est pas dans un commerce illicite trouvera-t-il 249 millions de F Cfa pour participer à une élection législative ? Quel avenir pour les jeunes dans cette République des plus forts, des plus puissants et des plus riches ?

Depuis plus de deux ans, le Bénin a basculé dans un régime totalitaire. Nous vivons à l’heure de la NON-démocratie. La charte des partis politiques et le code électoral en sont l’illustration.

Avec ces lois taillées sur mesure, il faut désormais être un bandit de grand chemin, un trafiquant de drogue, un braqueur de banques fédérales ou un criminel économique pour prétendre prendre part à une élection au Bénin, un pays très pauvre.

Ces mesures sont liberticides, scélérates, anticonstitutionnelles, antidémocratiques, discriminatoires et dangereuses pour la paix et l’unité nationale. Ces deux documents sont à rejeter. Car ils nous divisent, ils nous opposent et brûleront à coup sûr le Bénin. C’est une bombe de destruction massive à mettre rapidement hors d’état de nuire.

Comme un seul homme, le peuple béninois, épris de paix et de justice, doit se lever pour dire :

 

– NON aux lois taillées sur mesure

– NON à l’exclusion des jeunes

– NON à la légalisation de la corruption électorale

– NON à la mise en place du parlement des riches

– NON à l’élection du président des riches et des forts

 

Celui qui n’aime pas la compétition est un grand tricheur, un manipulateur, un fraudeur, un tyran, un César, un dangereux fondamentaliste. On ne gère pas un pays comme on gère un commerce de quartier ou une cabine téléphonique.

 

Face à cette police politique mise en place pour empêcher la compétition électorale et réprimer les partis d’opposition, la communauté internationale, l’Union africaine, la Cedeao, l’Union européenne et les Nations Unies doivent réagir avant qu’il ne soit trop tard.

Le Parti pour la Libération du Peuple (PLP) saisira sans délai la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples et continuera de se battre par tous les moyens légaux pour promouvoir l’inclusivité politique et la pleine participation des femmes et des jeunes aux compétitions électorales.

Le PLP continuera de promouvoir et de défendre la démocratie et l’espace démocratique, afin de s’assurer que les élus à divers niveaux dans le pays obtiennent leur mandat et leur légitimité des urnes de manière totalement équitable.

Les régimes oppresseurs ne peuvent perdurer à jamais.

Le monde regarde le Bénin !

Le Président,

Léonce HOUNGBADJI

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A propos Frejus SASSE

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