« Toutes nos pensées vont aux familles des soldats et aux soldats qui ont perdu la vie », un article de Le Monde.fr – Actualités et Infos en France et dans le monde

Trois des quatre otages libérés vendredi, dont deux touristes français, ont rencontré à Ouagadougou le chef d’Etat burkinabé, Roch Kaboré, avant de s’envoler vers la France.

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 10h35, mis à jour à 12h27

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Patrick Picque et Laurent Lassimouillas, à Ouagadougou, lors d’une rencontre avec le président burkinabé Roch Kaboré, le samedi 11 mai 2019.
Patrick Picque et Laurent Lassimouillas, à Ouagadougou, lors d’une rencontre avec le président burkinabé Roch Kaboré, le samedi 11 mai 2019. Sophie Douce / Le Monde

Quelques heures avant leur arrivée en France, où Emmanuel Macron doit les recevoir en fin de journée, samedi 11 mai, les deux touristes français retenus en otage pendant huit jours entre le Bénin et le Burkina Faso avant d’être libérés par l’armée française sont apparus publiquement pour la première fois, à Ouagadougou, lors d’une rencontre avec le président Roch Kaboré.

Patrick Picque et Laurent Lassimouillas étaient accompagnés d’une ressortissante sud-coréenne, libérée avec eux lors de l’opération militaire menée dans le nord du Burkina Faso dans la nuit de jeudi à vendredi, pendant laquelle deux militaires français des forces spéciales ont été tués. Une citoyenne américaine avait également été secourue au cours de l’intervention.

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« Toutes nos pensées aux familles des soldats et aux soldats qui ont perdu la vie pour nous sortir de cet enfer », a déclaré l’un des deux anciens otages, Laurent Lassimouillas, lors d’une déclaration à la presse organisée après leur rencontre avec le président, selon la correspondante du Monde au Burkina Faso, Sophie Douce. Il a ensuite remercié « les autorités françaises et celles du Burkina » pour l’opération de libération, menée alors qu’ils étaient sur le point d’être transférés au Mali. Laurent Lassimouillas a également déclaré avoir « une pensée » pour leur « chauffeur-guide béninois », tué avant leur enlèvement au Bénin le 1er mai.

« Je leur souhaite bon retour auprès de leurs familles respectives », a déclaré le chef d’Etat burkinabé, Roch Kaboré, sur Twitter, accompagnant son message des premières images des ex-otages depuis leur libération.

« La plus grande précaution doit être prise dans ces régions »

Plus tôt dans la matinée, le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a invité les touristes à la plus grande prudence au sud du Sahel. Interrogé sur Europe 1, samedi, il a déploré les « risques majeurs » pris par les ex-otages : « La zone où étaient nos deux compatriotes était considérée depuis déjà pas mal de temps comme une zone rouge, c’est-à-dire une zone où il ne faut pas aller, où on prend des risques majeurs si on y va. »

Pour M. Le Drian, « la plus grande précaution doit être prise dans ces régions pour éviter que de tels enlèvements n’aient lieu et pour éviter des sacrifices de nos soldats » :

« Il faut que tous ceux qui veulent faire du tourisme dans ces pays s’informent auparavant de ce qu’on appelle les conseils aux voyageursmis en place et entretenus régulièrement par le Quai d’Orsay et qui indiquent les zones sûres, celles à petit risque et celles à gros risque. »

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Le nord du Bénin formellement déconseillé

Sur son site, le ministère des affaires étrangères déconseille formellement aux voyageurs de se déplacer dans l’extrême nord du Bénin, frontalier du Burkina et du Niger, « compte tenu de la présence de groupes armés terroristes et du risque d’enlèvement ». Les attaques djihadistes, concentrées d’abord dans le nord du Mali, se sont étendues vers le centre du pays puis vers le Burkina Faso et menacent désormais les pays côtiers du golfe de Guinée, jusque-là épargnés.

« La menace a changé de forme, elle est devenue beaucoup plus mobile et ce sont maintenant les pays situés au sud du Mali qui sont les cibles, avec des fragilités singulièrement au Burkina Faso mais même dans le nord du Bénin », a relevé Jean-Yves Le Drian samedi. « Il faut maintenir la pression sur ces groupes », a poursuivi le ministre, jugeant l’action de la force française Barkhane « tout à fait essentielle » dans ce contexte.

Cette force antidjihadiste compte 4 500 soldats sur cinq pays du Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad et Mauritanie). « C’est vrai que Barkhane n’a pas vocation à rester éternellement dans la zone mais aujourd’hui, le maintien des risques, des menaces, nécessite cette présence », a-t-il estimé.

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A propos Frejus SASSE

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