Suspension du programme anglophone dans les Epes : De grosses conséquences économiques pour le Bénin

Fréquentation des hôtels, location de chambres à Cotonou et ses périphéries, achats des denrées alimentaires dans les marchés et super marchés du Bénin, contribution quantitative au budget des universités privées béninoises par le paiement de la scolarité ; l’apport des étudiants nigérians admis dans les programmes anglophones des établissements privés d’enseignement supérieur à l’économie béninoise est considérable.

Selon des révélations du quotidien Matin Libre parus ce lundi 26 août 2019, la filière programme anglophone des Epes rapporte à l’économie béninoise des centaines de millions de Francs CFA par an. En plus de payer des frais de scolarité conséquente qui permettent aux Epes de financer leur budget aussi bien pour leur session anglaise que française, les étudiants nigérians sont des clients privilégiés des résidences hôtelières, des appartements et maisons en location, des supermarchés, des restaurants et autresétablissements commerciaux à Cotonou et environs. Aujourd’hui, tout cet écosystème économique est en difficulté à cause du départ massif de ces étudiants vers d’autres pays de la sous-région notamment le Togo.

A l’origine, la surprenante décision de suspension des programmes anglophones dans les Etablissements privés d’enseignement supérieur prise par le ministère en charge de l’enseignement supérieur. Une mesure à tout point de vue inique, précipité et à la limite dangereuse le système éducatif béninois lui-même.

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Une suspension illégale ?

En plus de créer de gros manque à gagner l’économie béninoise, la décision de suspension unilatérale des programmes anglophones dans les Epes semble contraire aux textes légaux et règlementaires. En effet, la loi n° 2003-17 du 11 novembre 2003 portant orientation de l’Education nationale en République du Bénin rectifiée par la loi n°2005-33 du 06 octobre 2005 dispose en son article 7 que « l’enseignement est dispensé principalement en français, en anglais et en langues nationales ». Il s’avère donc que les universités privées disposant de programmes anglophones sont parfaitement dans la légalité.

Mieux l’article premier de l’arrêté n°161/Mers/Sgm/Drfm/Dges/Depes du 1er février 2016, portant mesures d’accompagnement de la filière anglophone trace le cadre réglementaire de l’exécution du programme anglophone dans les Epes. Nulle part, l’arrêté ne prévoit une telle suspension unilatérale du programme. On se demande alors ce qui justifie cette précipitation dans la prise de décision de la Direction des établissements privés d’enseignement supérieur. Ceci, d’autant que la décision de suspension prises par la Depescontrairement à ce qu’on peut penser, n’est en aucun cas la panacée pour régler les véritables problèmes qui se posent dans le secteur.

Ainsi, il urge que la ministre Marie-odile Attanasso et le Depes Dodji Amouzouvi réunissent les acteurs du programme anglophone dans les Epes autour d’une dans un dialogue franc et sincère pour trouver la solution.

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A propos Ulvaeus BALOGOUN

Directeur de Publication / Journaliste Multi-média

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