Sommet Afrique – France : Le Collectif pour le renouveau africain alerte

Ecoutez le post

Le Collectif pour le renouveau africain (CORA), appréhende mal le Sommet France-Afrique prévu pour se tenir à Montpellier du 7 au 9 octobre prochain.

En prélude au nouveau Sommet Afrique France prévu à Montpellier, le Collectif pour le renouveau africain (CORA), qui réunit plus de cent universitaires, spécialistes des sciences sociales et naturelles, historiens, écrivains, médecins du continent et de sa diaspora monte au créneau pour servir de sentinelle par rapport à la situation actuelle du continent africain et surtout à l’organisation de ce sommet qui vient avilir davantage le continent.

A travers une vingtaine d’articles écrits dans le feu de l’engagement sans faille pour la lutte anti-impérialiste à paraître sous peu avec comme titre ‘’De Brazzaville à Montpellier, regards critiques sur le néocolonialisme français », le Collectif pour le renouveau africain (CORA) apporte sa part de vérité en offrant un lieu de partage de savoirs éprouvés au service de la libération du continent africain et du genre humain.

Ci-dessous quelques extraits de la préface de Koulsy Lamko, dramaturge, romancier, poète, essayiste et professeur universitaire tchadien.

Pourquoi le livre ?

‘’…Il s’agit ici de récupérer au sein d’un cercle de chercheur.e.s, écrivain.e.s, journalistes et de militant.e.s, la possibilité d’un discours franc qui échappe aux circonlocutions d’experts et d’analystes habitués à l’exercice de la doxa, à l’usurpation et à la confiscation symbolique de la parole. Dire, écrire et dénoncer l’absurdité des relations Afrique-France !

Cependant, il y a des silences qui, dans l’épaisseur de leur tissu, racontent une maladroite bienveillance, une complicité sourde. Parfois le non-choix devient un choix, alors l’on plie le voile et l’on abandonne le timon pour refuser ouvertement la forfaiture. Parce que parfois, il n’y a que l’intransigeance qui rend digne, surtout lorsqu’il s’agit d’Afrique, celle-là qui a besoin de notre intransigeance ! Surtout quand tant d’autres transigent sur son dos !

Alors naît un immense parchemin aux attributs de palimpseste, sans doute mû par le ras-le-bol à exprimer ensemble, comme un seul cri d’indignation, parfois de colère, ou de stupéfaction’’.

Questions à la France et à sa société civile…

‘’Un questionnement lancinant parcourt en filigrane ces pages que le lecteur s’apprête à découvrir : mais pourquoi donc Macron se permet-il d’organiser, en faisant fi du respect dû à ses pairs, un grand débat public à Montpellier où il convoque le 08 octobre 2021 sa société civile africaine et ses « éminents intellectuels africains » ?  

Pourquoi donc Achille Mbembe, missionné par le même Macron, a-t-il accepté de jouer dans cette affaire le rôle du maître de cérémonie en embarquant dans son sillage un parterre de penseurs d’horizons disciplinaires divers dont on dit qu’ils sont une nouvelle jeunesse africaine ?

Et pourquoi donc s’entête-t-on à reproduire les mêmes schémas qui installent de façon quasi pérenne une vassalité d’inspiration parfois raciste telle que le rappelle encore les mots prémonitoires d’Odile Tobner, partagés trente-trois ans plus tôt ?   

Pourquoi donc cette espèce de reddition suicidaire collective qui ne dira jamais assez l’impuissance de ceux n’ayant pas suffisamment intégré dans leur analyse la pensée du système-monde, le même système qui les a générés, système ondoyant et divers dans ses visages et liens insécables d’anges et de démons ; mais système constant dans le type de relation de domination qu’il établit.’’ 

Au-delà de Montpellier

‘’De Brazzaville à Montpellier, regards critiques sur le néocolonialisme français, rassemble une vingtaine d’articles écrits dans le feu de l’engagement sans faille pour la lutte anti-impérialiste. Cette démarche collective et solidaire jette un faisceau sur l’histoire et les contextes actuels dans la relation France – Afrique. C’est également le lieu d’esquisses de chemins de traverses vers la souveraineté totale des peuples africains et leur autonomie d’action et de penser. Tout cela dans une démarche qui allie à la fois le souci de donner libre cours à la créativité intellectuelle, la rigueur scientifique, l’impératif à coller aux faits et la volonté de produire des discours accessibles au grand public, pouvant lui permettre de trouver des réponses probantes dans sa quête de savoirs.

Le Collectif pour le Renouveau Africain (CORA), en initiant ce projet, réitère sa détermination à aller jusqu’au bout de ses objectifs majeurs : être un collectif d’intellectuels panafricains reflétant la diversité régionale et linguistique du continent et de sa diaspora et ouvert à un large éventail de ressources humaines et de pratiques épistémiques ; favoriser une culture de solidarité, d’échanges constructifs et de participation active au service des populations africaines ; produire des recherches de qualité, en recommander les résultats le plus largement possible aux décideurs politiques, aux institutions nationales et régionales, aux organisations internationales, à la société civile et aux médias, et soutenir leur mise en œuvre ; agir en tant que sentinelle par rapport à la situation actuelle du continent africain et de ses institutions, en mettant à disposition des idées et des connaissances spécialisées en faveur d’un changement qualitatif dans la vie des Africains.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici