Politique Nationale : Les récriminations des FCBE contre le pouvoir TALON

Face a la presse ce mardi 20 février, les Forces Cauris pour un Bénin Émergent (Fcbe), désormais parti politique soutenant l’ancien chef d’État, Boni Yayi ont fait le procès du régime en place à travers un réquisitoire sans pareil. Lisez plutôt leur déclaration :

CONFÉRENCE DE PRESSE DU BUREAU EXECUTIF DES FORCES CAURIS POUR UN BENIN EMERGENT (FCBE)

Mesdames et Messieurs les journalistes ;
Mesdames et messieurs les membres du Bureau Exécutif National du parti FCBE ;
Honorables députés à l’Assemblée Nationale ;
Mesdames et messieurs les élus FCBE à divers niveaux ;
Chers militantes et militants FCBE ;
Au nom du Bureau Exécutif National de notre parti, nous voudrions saluer votre engagement militant, et exprimer notre reconnaissance à vous tous qui aviez fait massivement le déplacement sur Parakou pour contribuer au succès éclatant du congrès FCBE. Nos remerciements vont particulièrement aux populations de la ville de Parakou pour l’accueil fraternel et chaleureux réservé à nos congressistes.

La vérité qui a éclaté au grand jour les 10 et 11 février 2018 est celle-ci : Nous sommes une famille encore debout.
Vous avez été, avant-hier, les artisans de nos victoires. Vous avez été hier, les victimes de notre échec. Vous êtes aujourd’hui, les soldats qui repartent sur le champ de bataille les mains nues, mais déterminés pour reconquérir l’espérance.
Cette première rencontre, depuis notre congrès, aurait dû être un intense moment de chaleur humaine, de célébration, d’enthousiasme. Mais, par la force des choses, le combat très tôt nous a appelés.
En effet, comme vous avez pu le remarquer, l’éclatant succès de notre congrès a déclenché la panique et la colère des hommes forts du moment. Et la semaine ne s’est pas plutôt ouverte que telle une rumeur, la nouvelle sur la demande de la levée d’immunité parlementaire et d’autorisation de poursuites de six (06) personnalités de l’opposition dont cinq (05) figures de notre parti, s’est répandue, telle une traînée de poudre, pour finir par se confirmer vers la fin de la semaine.

Mesdames et Messieurs, chers amis ;
De source digne de foi, le Garde des Sceaux se serait fait fort de transmettre une requête du parquet général, du moins, ainsi-a-t-on présenté les faits, demandant la levée d’immunité des députés Valentin DJENONTIN, Secrétaire Exécutif National, et de Idrissou BAKO, coordonnateur de la première circonscription électorale de notre parti ; ainsi que l’autorisation de poursuite de l’ancienne ministre Fatouma Amadou DJIBRIL, sur la foi d’un supposé rapport d’audit dont les résultats, présentés lors du conseil des ministres du 28 juin 2017 ont pourtant fait l’objet d’un recours devant la cour constitutionnelle qui les a déclarés contraires à la constitution dans sa décision 17-251 du 05 décembre 2017, en en relevant le caractère discriminatoire.

A la même occasion, les anciens ministres Komi KOUTCHE et Aboubakar YAYA apparaissent eux aussi sur la liste noire, l’un pour avoir déclaré avoir été victime de vol de numéraires à son domicile en février 2016 ; et l’autre pour une présomption de fraude à l’occasion de certains concours organisés en 2015, pendant qu’il était ministre de la fonction publique. Nous rappelons aussi le cas de l’honorable ATAO Hinnouho qui est fait exilé politique.
Ce qui est commun, et qui frappe nettement l’attention c’est qu’il ne s’agit que des figures de l’opposition  au pouvoir de la Rupture. Si malgré les décisions de juridictions telles que celles de la cour constitutionnelle ou même l’existence de procédures judiciaires clôturées, le pouvoir de la Rupture se fait le devoir de caricaturer les faits,  nous trouvons perceptibles des indices fort probants d’une tentative d’intimidation.

Par ailleurs, dans le cas spécifique de la mission d’audit organisationnel, technique et financier de la filière coton de 2013 à 2016, il n’échappera à l’attention d’aucun observateur que sur une vingtaine (20) membres du comité interministériel, seules les personnes en vue aujourd’hui, et engagées dans l’opposition, sont dans le collimateur des procédures de persécution.
En ce qui concerne par exemple le ministre komi KOUTCHE, deuxième Secrétaire Exécutif National Adjoint de notre parti politique, le dossier sorti semble être la preuve même que la démarche consiste coûte que coûte à trouver des poux sur la tête d’un chauve ; tant il est ridicule d’avoir sorti des chiffres en déphase par rapport aux faits ; et d’avoir voulu faire d’un plaignant dans un dossier instruit par un tribunal, un coupable à livrer à l’opinion.
Tous les autres cas procèdent du même état d’esprit d’acharnement.

Ce qui apparaît évident au regard de tout cela, c’est que la profession de foi de conduire notre pays avec ruse et rage bat son plein ; et que si nous n’y prenons garde, désormais, l’ensemble de nos institutions ; des remparts constitutionnels et des braves hommes qui tentent de tenir debout le flambeau de notre démocratie seront pulvérisés et réduits au silence.

Depuis deux (02) mois, saisie par un citoyen, la cour constitutionnelle a rendu une décision enjoignant à l’assemblée nationale de procéder au plus tard le 21 Décembre 2017 à la désignation de ses représentants au Conseil d’Orientation et de Supervision aux fins de leur installation au plus tard le 29 Décembre 2017.
Cette décision DCC 17-262 rendue depuis le 13 décembre 2017, est restée lettre morte à ce jour ; et ni l’Exécutif, ni l’Assemblée, ne semble particulièrement se hâter de voir les dispositions de la loi et les injonctions de la Cour respectées.
On peut donc en déduire que le théâtre de la demande de levée d’immunité et de poursuites judiciaires a pour vocation de faire diversion sur le sujet de la LEPI qui aurait dû être la principale occupation du moment ; car il n’est pas ; et il ne sera pas question d’organiser les élections avec une liste autre que celle issue de la LEPI, conformément à la loi, et à la décision de la cour constitutionnelle.

Je voudrais, au nom du Bureau Exécutif National de notre parti, exprimer notre attachement à l’Etat de droit et notre soutien indéfectible aux personnalités victimes d’acharnement.
C’est pourquoi, nous exhortons les députés et anciens ministres visés par les diverses procédures à la confiance et à la sérénité.
Nous appelons enfin nos populations à la vigilance ; afin que leur concours actif protège notre pays et sa démocratie.
En cette période anniversaire de la Conférence Nationale des Forces Vives de février 90, nous ne saurions terminer notre propos sans rendre un vibrant hommage aux pionniers qui ont su poser les bases de notre système démocratique et nous appelons le gouvernement à ne pas continuer la destruction de ce consensus national.

FAIT A COTONOU LE 20 FEVRIER 2018

About Ulvaeus BALOGOUN

Directeur de Publication / Journaliste Multi-média

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