Lettre ouverte : Daniel Edah appelle les députés à « éviter toute modification de la constitution »

Daniel Edah, candidat malheureux aux présidentielles dernières, vient d’adresser une lettre ouverte aux députés au lendemain de l’ouverture de la session budgétaire de l’année 2019. Dans le courrier publié sur sa page Facebook, le jeune leader politique appelle les députés à ne pas procéder à la révision de la constitution avant de donner corps aux recommandations issues du dialogue politique des 10, 11 et 12 octobre dernier. Voici sa lettre ouverte :

LETTRE OUVERTE DE MONSIEUR DANIEL EDAH

À
MONSIEUR LE PRÉSIDENT DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE ET À TOUS LES DÉPUTÉS
PORTO NOVO

OBJET: Invitation à ne pas modifier la constitution du 11 décembre 1990.

Monsieur le Président de l’assemblée nationale,
Mesdames et messieurs les députés,

Je vous écris en ma qualité de citoyen attaché à la paix, à la gouvernance inclusive et soucieux du développement de son pays.

Les dernières interventions du Ministre porte-parole du gouvernement m’ont permis de comprendre que le but inavoué du dialogue politique organisé les 10, 11 et 12 octobre 2019 par le Président de la République est de parvenir à la modification de la Constitution de notre pays.

L’une des raisons agitées pour justifier cette nécessité est la discrimination positive en faveur des femmes.

Monsieur le Président de l’assemblée nationale,
Mesdames et messieurs les députés,
Pour la paix et par respect de l’ordre républicain, je prends le risque de vous reconnaître comme des élus même si, malgré la caution de la cour constitutionnelle, le processus de votre avènement au parlement souffre de légitimité, même si vous savez vous-mêmes que vous souffrez encore de légitimité et que nombre de nos compatriotes continuent de ne pas vous accepter comme leurs représentants légitimes.
Mesdames et messieurs les députés, il vous revient de les convaincre par des actes que vous êtes dignes de les représenter, que vous êtes leurs représentants et que vous ne défendez que l’intérêt général.

Monsieur le Président de l’assemblée nationale,
Mesdames et messieurs les députés,
Je suis pour la promotion du genre dans la gouvernance de notre pays et je mets un point d’honneur à en donner l’exemple par des actes que le Président de la République et vous avez aujourd’hui la possibilité de poser sans modifier notre constitution si votre volonté de promotion de la Femme est sincère.

Le parlement actuel est rempli de vos deux partis acquis au Président de la République.
Combien de femmes y avez-vous mises ?

Le Président de la République nomme qui il veut dans son gouvernement. Combien de femmes avons-nous actuellement dans le gouvernement ?

Sauf hypocrisie, le Président de la République et vous n’avez pas besoin de modifier la constitution pour promouvoir les femmes.

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Monsieur le Président de l’assemblée nationale,
Mesdames et messieurs les députés,
Il a été aussi évoqué la question d’élections générales. Si elles doivent passer par la révision de la constitution, vous n’êtes pas assez légitimes pour prendre une telle responsabilité. Vous n’êtes pas encore assez représentatifs, admettons le, pour engager le pays à ce niveau là.

Monsieur le Président de l’assemblée nationale,
Mesdames et messieurs les députés,
Il se susurre que le Président de la République entend réaliser son rêve de révision de la constitution pour insérer des dispositions lui permettant de nouvelles exclusions lors des prochaines élections.
Puisqu’apparemment la responsabilité de cette révision convoitée vous incombe selon le Gouvernement, je voudrais vous conseiller de ne pas endosser cet habit-là. Car nous pouvons lire le Prince de Machiavel sur comment conquérir et conserver le pouvoir sans être obligé de tout appliquer.

Monsieur le Président de l’assemblée nationale,
Mesdames et messieurs les députés,

Même si je serais d’accord avec le Président de la République qui a affirmé lors d’une cérémonie du dialogue politique que “seul le Bénin est éternel”, disant implicitement que la constitution ne saurait être éternelle, je voudrais vous inviter à réaliser qu’au moins 75% de béninois ne sont pas pour la révision de la constitution dans les conditions actuelles.

Tenez en compte, Mesdames et messieurs !

Monsieur le Président de l’assemblée nationale,
Mesdames et messieurs les députés,
Vous avez une dernière chance d’essayer de vous amender et de vous rapprocher du peuple qui vous rejette: éviter toute modification de la constitution du 11 décembre 1990 dans la configuration actuelle du parlement.

Je vous remercie pour votre attention.

Dieu bénisse le Bénin !

Pahou, le 23 octobre 2019.

Daniel Edah

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A propos Ulvaeus BALOGOUN

Directeur de Publication / Journaliste Multi-média

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