Les pistes du gouvernement pour découper EDF, un article de Le Monde.fr – Actualités et Infos en France et dans le monde

Depuis plusieurs semaines, la direction de l’électricien et l’exécutif préparent un plan pour séparer les activités nucléaires du reste du groupe. Un dossier à haut risque pour le gouvernement.

Par Nabil Wakim Publié aujourd’hui à 10h51

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Jean-Bernard Levy,  PDG d’EDF, le 1er mars 2019 à Marseille.
Jean-Bernard Levy,  PDG d’EDF, le 1er mars 2019 à Marseille. FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

« L’Etat veut-il sauver le groupe EDF ou le détruire ? », s’alarme un syndicaliste. Depuis plus d’un an, la réflexion sur la réorganisation du premier électricien européen bat son plein à l’Elysée et à la direction d’EDF. Au menu : la nationalisation d’une partie des activités… et la privatisation progressive d’une autre. Un dossier explosif pour le gouvernement, sous pression dans le dossier Groupe ADP.

Mais la réorganisation d’EDF, telle qu’elle est exposée dans le plan baptisé, selon Le Parisien, Hercule, est autrement plus électrique : l’entreprise est une part du patrimoine national, et, dans le climat actuel, toute réorganisation pourrait être interprétée comme un démantèlement.

Or, le groupe fait face à une équation quasi impossible : il perd des centaines de milliers de clients chaque année et doit prévoir des milliards d’euros d’investissement pour prolonger un parc nucléaire vieillissant – sans même parler du financement de nouvelles centrales. Tout ça sur fond d’une dette colossale, d’environ 33 milliards d’euros.

Grandes manœuvres

Face à cette situation difficile, l’exécutif et le PDG de l’électricien, Jean-Bernard Lévy – qui va être reconduit à son poste en mai –, ont lancé les grandes manœuvres pour « sauver le soldat EDF ». « On est d’accord sur quelques grands principes, mais on n’a réglé que 10 % du dossier », explique un acteur central du sujet.

Officiellement, Emmanuel Macron n’a pas pris position sur le sujet. En novembre 2018, il a demandé au patron d’EDF de se saisir de ce sujet et de formuler des propositions d’ici à 2021. L’objectif : avoir réglé cette question avant la prochaine élection présidentielle de 2022.

Plusieurs scénarios sont sur la table dans les ministères et à la direction d’EDF. L’idée serait de conserver une maison mère qui aurait deux principales filiales. D’une part, les activités nucléaires, existantes et futures, dans une entreprise 100 % publique. La direction d’EDF rêve d’y ajouter les barrages hydroélectriques, que la France s’est pourtant engagée à ouvrir à la concurrence. Cet ensemble représenterait plus de 80 % de la production d’électricité en France.

Lorsqu’il était ministre de l’économie, Emmanuel Macron avait déjà évoqué cette possibilité, estimant qu’une solution aux problèmes d’EDF pourrait consister à « rompre le lien entre les activités dans le domaine du nucléaire en France et le reste du groupe ». Pour y parvenir, il faudrait faire voter dans la loi la création d’un établissement public, une sorte de retour au statut précédent d’EDF, avant l’ouverture du marché à la concurrence.


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A propos Frejus SASSE

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