Léonard WANTCHEKON : « Le Bénin s’est affirmé comme la plateforme de l’économétrie en Afrique »

Léonard WANTCHEKON, Professeur de Sciences Politiques et Economiques à l’Université de Princeton aux Etats-Unis, Fondateur de African Schools of Economics

Du 12 au 14 juillet dernier, le Bénin a abrité les travaux de la Conférence africaine de la société d’économétrie. Un rendez-vous international, qui a réuni des participants venus de plus d’une vingtaine de pays d’Afrique, d’Europe, d’Asie et d’Amériques, et dont l’objectif premier est de promouvoir l’usage des mathématiques et des outils statistiques pour mieux comprendre les tendances économiques.

Au terme des travaux, Léonard WANTCHEKON, Professeur de Sciences Politiques et Economiques à l’Université de Princeton aux Etats-Unis, Fondateur de African Schools of Economics, l’école organisatrice de cette conférence, a répondu à quelques questions.

 

Le Leader Info Bénin : Que retenir de la Conférence africaine de la société d’économétrie ?

Léonard WANTCHEKON : Ce qu’on peut retenir, c’est qu’on a noté un engouement extraordinaire des jeunes et des chercheurs africains pour l’économétrie et pour l’utilisation des mathématiques en économie. Ce qui est très important pour l’avenir parce que nous avons besoin de plus de rigueur et de clarté dans les décisions et c’est important que la jeune génération, qu’ils aient un goût prononcé ou non pour les mathématiques, puisse s’approprier les nouveaux outils, et  qu’ils puissent s’orienter vers l’économie quantitatif, l’économie analytique. Le souhait étant que ceux-là puissent être employés par les gouvernants, les entreprises privés et publics et par les organisations internationales.

Mieux, nous sommes heureux d’avoir compté parmi nous le Prix Nobel en Economie de l’année 2007 qui a fait un discours extraordinaire et d’autres grands noms en Economie. Un engouement généré grâce à cette conférence qui vient de s’achever.

LIB : Quelles sont les retombées de cette conférence pour le Bénin ?

L.W : Avec l’organisation de cette rencontre, le Bénin s’est affirmé comme la plate forme de l’économétrie en Afrique, parce que maintenant, de nombreuses personnes regardent le Bénin comme étant le leader de cette nouvelle avancée en économie. Et cela s’est matérialisé grâce à l’African Schools of Economics (ASE) qui a été l’hôte de cette réunion.

Il faut dire que si nous, on peut être leader en quelque chose, pour qu’on dise voilà dans tel domaine précis, on veut les meilleurs, la meilleure organisation, il faut aller au Bénin, cela veut dire que c’est une bonne chose pour le pays.

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LIB : Quelles sont les recommandations fortes issues de la conférence ?

L.W : La recommandation qu’on peut retenir est que les gouvernants et les entreprises publiques et privées investissent dans les jeunes qui sont intéressés par l’économétrie, qu’ils utilisent les talents disponibles car l’économétrie ne fait pas seulement une meilleure description des faits économiques ou de la situation économique comme l’emploi, l’investissement, l’éducation, la santé. Mieux, l’économétrie, c’est aussi la possibilité de construire de nouveaux schémas pour le développement d’un pays.

Grâce à l’économétrie, on peut penser à comment on doit décentraliser, comment on doit organiser le système démocratique et même comment on doit organiser les élections puisque l’économie politique est un domaine primordial.

L’économétrie permet donc de décrire ce qui se passe mais aussi de concevoir des schémas pratiques et réalistes pour trouver des solutions aux problèmes que nous avons dans tous les secteurs de la vie sociopolitique et économique.

LIB : Quelles sont les retombées pour  les participants à cette conférence ?

L.W : C’est une meilleure formation, de meilleurs horizons sur le plan professionnel et également sur le plan personnel. Car faut-il le rappeler, on est formé, éduquer pas seulement pour gagner un peu plus d’argent mais aussi pour prendre de meilleurs décisions pour soi-même et être plus utile à la société. Donc lorsque vous êtes outillés en économétrie, vous avez un sens plus clair des décisions que vous prenez en famille et dans votre communauté. Et si vous vous lancez dans une initiative, vous ne le faites pas de façon précaire et sans étude, mais avec rigueur et sur la base d’une meilleure compréhension du milieu dans lequel vous êtes ou dans lequel vous vous lancez. Ce qui est très important pour la survie de l’initiative.

LIB : Des conseils à l’endroit de ceux qui aiment ou n’aiment pas les mathématiques ?

L.W : Il faut dire que les mathématiques ce n’est pas seulement la craie ou l’enseignement. Les mathématiques, c’est l’ingénierie, c’est aussi l’économie. Il faut juste s’y investir.

On pense que les maths, c’est quelque chose que vous êtes ou que vous n’êtes pas. Mais le mathématicien, c’est quelqu’un que vous devenez par votre goût et votre volonté de progresser. Et vu l‘importance des Mathématiques, l’important c’est que les jeunes s’y investissent en sachant qu’à la fin il y a un retour sur investissement assez important.

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Directeur de Publication / Journaliste Multi-média

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