Législatives 2023 : Les enjeux du scrutin selon Expedit Ologou

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Dans un entretien accordé ce vendredi 6 juin, à RFI, l‘expert politique et électoral Expedit Ologou, qui dirige le think tank Civic Academy for Africa’s Future (CiAAF) a analysé les enjeux des élections législatives du dimanche prochain.

Selon le politologue Expedit Ologou, au soir du dimanche 8 janvier, il y aura probablement plus de diversité à l’Assemblée nationale. « …En tout cas, ce serait le souhait de tous les acteurs sociopolitiques pour une « repacification » du pays, pour une nouvelle vibration de la démocratie dans le pays » a-t-il expliqué. Voici l’intégralité de son propos.

RFI : Est-ce que ces deux semaines ont permis de renouer avec la tradition des campagnes électorales au Bénin… Festive, animée, l’occasion de joutes oratoires ?

Oui, on a vu des acteurs politiques, y compris des plus importants, tenir des meetings dans des conditions tout à fait conviviales, et même responsables, je dirais même amicales. L’ancien président de la République, [Thomas] Boni Yayi a fait de façon longitudinale le tour du pays, du sud jusqu’au nord, mobilisant une foule impressionnante. Les responsables des partis de la majorité ont fait de même et il y avait foule à leurs différentes manifestations, notamment à l’intérieur du pays. Il y a eu, sur la plupart des médias du pays, des échanges courtois sur des questions de fond, même si on peut regretter parfois un manque de profondeur dans certaines des prises de position, des analyses. Mais c’est déjà ça. Les réflexes démocratiques au Bénin sont en train de refaire surface. Il reste à espérer que pendant le jour du vote – et après même le jour du vote – que ces réflexes soient maintenus.

Quels sont les thèmes qui ont été les thèmes majeurs de cette campagne ?

La question de la vie chère, du coût de la vie, a été une question transversale de la campagne électorale, même lorsqu’elle n’était pas abordée ouvertement dans les prises de position des acteurs politiques, elle a fait l’objet de discussions entre citoyens, entre acteurs de bas niveaux. Et peut-être est-ce pour cela aussi que le gouvernement a pris, quelques jours avant le démarrage de la campagne, des décisions allant dans le sens du soulagement de la cherté de la vie et aussi des décisions sur le traitement salarial des fonctionnaires de l’État.

Est-ce que la question de la libération des opposants, Joël Aïvo et Reckya Madougou, a été un des thèmes importants de cette campagne ?

Pas tant que ça. C’est une question qui fait partie des questions transversales, des questions qui ne peuvent pas ne pas être abordées. Elles l’ont été, on a entendu les acteurs de la majorité indiquer qu’il y a déjà des pistes législatives politiques qui pourraient permettre la libération de ces acteurs, et du côté de l’opposition, on entend dire qu’une victoire importante à ces législatives pourrait être un moyen de négociation, voire de pression aux fins de la libération de ces deux personnalités.

Certains observateurs disent qu’on a eu une campagne aux allures de campagne présidentielle, tant le bilan de Patrice Talon a été au cœur des débats. Est-ce que vous diriez qu’on a eu, lors de cette campagne, un effet de rattrapage après de longues années de tensions politiques ?

Oui, il y a eu comme un effet de rattrapage parce que depuis 2019, il y a plus eu une élection qui a vraiment fait croiser le fer. En 2021, l’élection présidentielle n’a pas donné lieu à une campagne électorale effervescente du point de vue des idées. Et donc, ces élections législatives qui donnent place à l’un des partis les plus importants de l’opposition, ont permis aux différents acteurs, notamment de l’opposition, de faire effectivement ce rattrapage de remettre au goût du jour des questions qui n’ont pas été abordées jusque-là. Et donc cette campagne des législatives apparaît un peu comme une sorte de référendum vis-à-vis de l’action de Patrice Talon.

L’un des enjeux de cette campagne, c’était de permettre une meilleure représentation des femmes et de leurs préoccupations dans la politique béninoise. Est-ce que ce pari a été tenu selon vous ?

Oui, quand on regarde les dispositions légales, il y aura au moins 24 femmes qui seront au Parlement à l’issue des élections du 8 janvier. Il reste que dans la campagne, on n’a pas vu une mise en avant particulière des femmes comme étant les figures nouvelles du Parlement à venir, et donc le combat restera mené sur le terrain pour les femmes pour obtenir un peu plus que ce que la loi leur donne d’office.

Est-ce qu’on peut s’attendre à des surprises à l’issue du scrutin de dimanche ?

Pas tant que ça. Probablement qu’il y aura plus de diversité. Il me semble qu’au regard de ce que la campagne électorale a donné, que le Parlement à venir n’aura pas que deux parties siamoises de la majorité présidentielle, et que probablement, l’opposition ferait son entrée dans ce Parlement. En tout cas, ce serait le souhait de tous les acteurs sociopolitiques pour une « repacification » du pays, pour une nouvelle vibration de la démocratie dans le pays. Il y va de l’intérêt de tout le monde, y compris des acteurs de la majorité comme de l’opposition, de la société civile comme du citoyen tout court, et de la nation tout entière.

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