La primaire au cœur des arrière-pensées de la droite, un article de Le Monde.fr – Actualités et Infos en France et dans le monde

La mise en place de ce processus en vue de la présidentielle de 2022 est majoritairement rejetée par les adhérents Les Républicains. Les cadres du parti, eux, sont partagés.

Par Publié aujourd’hui à 06h24

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Christian Jacob est favori dans la course à la présidence LR.
Christian Jacob est favori dans la course à la présidence LR. ROMAIN LAFABREGUE / AFP

Après l’élection du président du parti en octobre 2019, après les municipales de 2020 et les régionales de 2021, l’horizon est lointain à droite pour oser parler d’ambition présidentielle, dans un parti sorti en lambeaux des élections européennes. Néanmoins le mot de « primaire » en vue de l’élection de 2022 est lâché chez Les Républicains (LR).

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D’abord dans l’entourage du dernier président élu du parti, Laurent Wauquiez, où l’on assure qu’« il y [en] aura ». « Le seul qui pouvait remettre en question la légitimité des primaires, c’était Laurent Wauquiez, mais il est parti », explique-t-on, tout en avançant la rentrée 2021 comme date du scrutin. Un calendrier commode pour un éventuel retour du président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, soumis pour l’heure à une cure de silence jusqu’aux municipales.

Utilisé pour la première fois à droite en 2016, le principe d’une primaire ouverte plutôt que limitée aux adhérents a conduit à la désignation de François Fillon contre Alain Juppé au deuxième tour et à l’élimination de Nicolas Sarkozy dès le premier. Il est aujourd’hui inscrit dans les statuts du parti : « Le candidat à la présidence de la République soutenu par le Mouvement est désigné à l’occasion d’une primaire ouverte à l’ensemble des citoyens adhérant aux valeurs de la République et se reconnaissant dans les valeurs du Mouvement. »

Echaudés par l’échec de François Fillon en 2017 ou l’exclusion de leur candidat de cœur, nombreux sont ceux qui balaient cette éventualité. « Personne n’en a envie, ni nos adhérents, ni nos collègues élus et parlementaires. Tout le monde est contre », résume le sénateur de Paris et proche de Nicolas Sarkozy, Pierre Charon. « Ce n’est pas notre culture. Ce n’est plus dans l’ère du temps. »

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« Un processus d’élaboration de la ligne »

En novembre 2017 déjà, la droite faisait son inventaire après les revers de la présidentielle et des législatives. Les « ateliers de la refondation » lancés par le secrétaire général Bernard Accoyer avaient débouché sur un constat sévère de la base : 70 % des plus de 40 000 adhérents LR y ayant participé disaient ne plus souhaiter de primaire ouverte pour désigner le candidat de leur famille à l’élection présidentielle.

« Je recommanderai un travail approfondi, avec des politologues, pour savoir si un amendement n’est pas souhaitable », estime aujourd’hui ce dernier, notant qu’à droite comme à gauche, les primaires n’ont pas débouché sur les candidats les plus rassembleurs. « Tout doit être réévalué, ce qui ne veut pas dire qu’il faut tout changer. »


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A propos Frejus SASSE

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