Projet #OnDoitAgir : Théodore TCHEZOUNME invite les autorités politiques au respect des engagements DSSR

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Théodore Tchezounmè et une jeune fille du projet #OnDoitAgir en Séance de plaidoyer au MESFTP

Initié depuis septembre 2019, le projet #OnDoitAgir vise à mettre les jeunes au cœur du processus de redevabilité en matière de Droits et Santé Sexuels et Reproductifs (DSSR) au Bénin. Après plusieurs mois de mise en œuvre, le Chargé de plaidoyer du projet, Théodore TCHEZOUNME, fait le point, dans l’entretien à suivre, des engagements de l’Etat et exprime la nécessité de les mettre en œuvre.

Depuis septembre 2019 est mis en œuvre le projet #OnDoitAgir au Bénin. Présentez-nous brièvement le projet.

#OnDoitAgir est un projet qui a mis les adolescent.es et jeunes au cœur du processus de redevabilité en matière de Droit en Santé Sexuelle et de la Reproduction (DSSR) au Bénin. Au-delà du niveau central, les interventions du projet ont concerné sur la base des indicateurs existants, quatre communes que sont Pobè, kétou, Adja-Ouèrè et Aguégués. La définition des actions à mener, fut faite durant la rédaction du projet, de façon inclusive avec les acteurs à la base (alliés) pour répondre efficacement aux réalités de chaque commune d’intervention. Dans chaque zone d’intervention, 6 adolescent.es et jeunes ont été sélectionnés et renforcés durant une semaine sur les thématiques définies (…). Ces jeunes formateurs ont par la suite avec le soutien des alliés et membres d’équipe projet, formé dans chaque commune, 25 adolescent.es et jeunes. Ils constituent tous ensemble la masse critique et ont revendiqué leurs droits en matière de DSSR au niveau local et national en initiant un dialogue avec les autorités politiques.

Quels sont les engagements prioritaires que les adolescents et jeunes appellent les autorités politiques à mettre en œuvre à travers ce projet de plaidoyer ?

Les engagements pris par nos autorités pour le plein épanouissement des adolescents et jeunes sont nombreux. Nous pouvons citer prioritairement :

  • Accroitre les ressources destinées au renforcement de la Santé des adolescent.es et jeunes et de la population en général ;
  • Intégrer de façon systématique la santé de la reproduction des adolescents/jeunes dans les curricula de formation scolaire ;
  • Intégrer le Paquet Minimum d’Activités (PMA) en Santé de Reproduction des Adolescents et Jeunes dans les formations sanitaires ;
  • Renforcer la chaîne d’approvisionnement surtout la disponibilité des produits contraceptifs au niveau des points de prestations de services ;
  • Faire passer le taux de prévalence contraceptive de 17% en 2017 à 22% en 2020 (de 5,4% à 10% pour les adolescents et jeunes de 15 à 24 ans) ;
  •  Réviser les politiques, normes et protocoles pour renforcer la délégation de tâches afin d’améliorer la santé génésique et fera connaître la loi sur la santé et la réglementation en matière de reproduction ;
  • Mettre en place une approche inclusive de mobilisation de ressources impliquant les collectivités territoriales décentralisées, afin de garantir leur redevabilité vis-à-vis du financement de la santé de leur population.

Qu’est ce qui justifie la nécessité que le gouvernement mette en œuvre ces engagements aujourd’hui ?

L’état des lieux en matière de jouissance des DSSR n’est pas encore reluisant. Il est caractérisé par la non satisfaction des besoins en services de santé et le manque d’informations qui alourdissent les taux de grossesses non désirées et d’avortements à risques pour les adolescents·e·s et jeunes, voire la déscolarisation. Cela justifie l’urgence d’une mise en œuvre des engagements pris. Nous ne mettons pas en sourdine tout ce qui se fait déja. Nous reconnaissons les efforts fournis à divers niveaux mais les indicateurs (Enquête Démographique et de Santé Bénin 2017-2018) rappellent à tous qu’il reste beaucoup à faire. Respecter davantage les engagements pris, permettra de combler les gaps.

La sécurisation des investissements et le bien-être des générations futures (maintien des filles à l’école par exemple) imposent aujourd’hui la mise en œuvre desdits engagements.

Avez-vous le sentiment que le projet #OnDoitAgir a fait avancer la situation ?

Oui, le projet #OnDoitAgir a fait avancer les choses surtout à la base (niveau communal). Dans toutes les communes d’intervention, les riches échanges entre les jeunes et les élus locaux durant les sessions communales ont fait naitre sur proposition de certains élus mêmes, l’idée du plan d’actions budgétisé à intégrer aux budgets communaux exercice 2021. Au niveau national, le DC/MESTFP a promis suivre l’évolution du plaidoyer en cours sur la loi SR de 2003. Il est important pour nous et les autres acteurs intervenant sur la thématique de Santé de Reproduction, de maintenir la veille pour la durabilité des acquis et surtout le respect des engagements.

En tant que Chargé de plaidoyer de ce projet, souhaiteriez-vous adresser un message en guise de conclusion de cet entretien ?

Je remercie l’ensemble des parties impliquées dans la mise en œuvre du projet #OnDoitAgir. Je pense aux membres de l’équipe projet, aux alliés, aux jeunes formateurs et de la masse critique, aux autorités locales et nationales, aux participants du challenge photo/dessin DSSR-Covid 19. Ce projet montre que les jeunes peuvent réaliser de grandes choses ensemble. Je finis en invitant les autorités locales et nationales au respect des engagements pris pour une jouissance effective des droits sexuels par les adolescent.es et jeunes au Bénin. Les jeunes épanouis aujourd’hui prendront la relève des communes et du pays demain.

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