Joseph Djogbénou devant les étudiants Béninois au Sénégal : ‘’Considérer le monde comme votre pays…

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Conférence-débat ce samedi 19 juin entre le Président de la Cour constitutionnelle du Bénin, Joseph Djogbénou et la Diaspora béninoise au Sénégal.

Cette rencontre d’échanges s’est déroulée dans la salle de Conférence CESTI ( Centre d’études des sciences et techniques de l’information ) à Dakar. L’objet des discussions portait substantiellement sur le thème suivant : << Place et rôle de l’étudiant béninois de la diaspora dans le processus de développement du Bénin. >>

D’entrée de jeu, il faut remarquer que certains invités de marque sont passés au pupitre pour saluer cette initiative des étudiants ressortissants béninois. Ils n’ont pas manqué de tirer également un coup de chapeau au Professeur Joseph Djogbénou, Président de la Cour constitutionnelle du Bénin, principal animateur de ce rendez-vous d’échanges. Mamadou Ndiaye, Directeur du Cesti, Mathieu Hounyovi, Président du Haut conseil des Béninois du Sénégal, Didier Landislas, Président de l’Amicale des étudiants et stagiaires du Bénin au Sénégal, tous les trois  ont planté le décor tout en mettant l’accent sur l’opportunité que représentent sans doute les Béninois de l’extérieur à leur pays.

 Il n’y a pas de privilège particulier à être Béninois de la diaspora, comme il n’y a pas de privilège particulier à être Béninois de l’intérieur. On est simplement des Béninois.

 Alors dans le sujet de la discussion, il apparaît une question  essentielle : Comment va-t-on s’insérer après tant d’années d’études et de formations ?

C’est une préoccupation majeure qui taraude les esprits. Mais pour tenter de répondre, le conférencier propose ces quelques bouts de phrase à l’assistance :  

 » Considérer le monde comme votre pays. L’espace que chacun reconnait comme étant sa création est votre espace aussi. De ne pas réduire votre vie à l’espace résiduel que, politiquement, géographiquement, sociologiquement, historiquement vous appelez votre pays.’’

Autrement dit, réussir à s’insérer dans le monde professionnel en étant de la diaspora ou de l’intérieur, c’est très important pour le développement. Mais toujours est-il que l’on soit intéressant et intéressé. Pour s’insérer dans son pays ou ailleurs, cela tourne forcément autour de l’intérêt.  

À ce propos, le Professeur Joseph Djogbénou estime que quand on décide du retour pour que votre pays vous accueille, c’est parce que vous êtes intéressant, que votre société vous reçoit, c’est parce que vous êtes intéressant. Être intéressant selon lui, c’est se laisser désirer, il faut que les autres veuillent de vous, il faut que votre pays veuille de vous. Il faut être si intéressant que votre pays arrive à payer le prix pour vous avoir. Et être intéressé, c’est vouloir, c’est désirer, il faut que vous veuillez des autres. Il faut travailler pour… À cela, on peut ajouter d’autres éléments comme la confiance en soi, l’humilité, la combativité et la pertinence dans le choix qui sont tout aussi importants dans les critères de l’insertion.

Sur la question de l’employabilité et de l’entreprenariat, beaucoup de choses ont été dites. À cet effet, Joseph Djogbénou estime que les Etats doivent prendre sur eux la responsabilité de créer les conditions, de sorte que ceux qui sont à l’intérieur aient moins envie de partir et que ceux qui sont à l’extérieur aient plus envie de rentrer. Mais cela dépend du positionnement politique, et donc de ce point de vue, tous les Etats ont des exigences à atteindre. Ce rendez-vous d’échanges s’est intéressé également au système éducatif en Afrique qui, malheureusement, forme pour des besoins dont on n’a pas. Et pour les besoins dont nous avons, nous ne formons pas.

En l’espèce, le Professeur croit savoir que la formation professionnelle, technique est l’orientation. Selon lui, il faut que la formation rentre dans le cadre des catégories fondamentales, c’est-à-dire, dans l’un ou l’autre des besoins liés à la vie, des cinq besoins fondamentaux. Sur ce volet, le conférencier a semblé dire que le Bénin fait désormais de la formation professionnelle et technique son cheval de bataille. Il serait aussi intéressant  que les étudiants de la diaspora en fin de formation puissent se rendre disponibles pour leur pays, notamment dans le domaine professionnel.

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