Identité culturelle : L’Association IȘOKAN sonne la mobilisation des Yorubas du Bénin

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Le samedi 10 Juillet 2021, s’est tenue à Savè, l’assemblée générale ordinaire de l’association des Yorubas du Bénin, IȘOKAN. Plusieurs fois reportée à cause du coronavirus, cette assise s’est finalement tenue pour apprécier le rapport d’activité et le point financier de l’association.

Plus de six cents (600) participants venus de vingt-cinq (25) communautés yorubas réparties sur le territoire national ont répondu présents à cette assemblée générale de l’association IȘOKAN, qui a pris l’allure d’une fête identitaire. Chants, danses, pratiques cultuelles et culturelles étaient au rendez-vous. Plusieurs têtes couronnées et des autorités politico- administratives étaient aussi présentes.

Selon le Professeur John IGUE, Président de IȘOKAN, cette association a pour mission de fédérer tous les fils et filles Yorubas du Bénin, de promouvoir la langue yoruba à travers des classes dédiées à l’enseignement de cette langue, de rénover les palais des rois des communautés Yoruba et d’instituer une fête identitaire pour toutes les communautés yorubas du Bénin.

La fête identitaire en débat

Créer une fête qui regroupe tous les descendants de Odudua, c’est un ardent souhait du Maire de la commune de Savè, Denis Oba CHABI. Il a appelé de tous ses vœux la concrétisation de ce rêve au cours de la cérémonie d’ouverture. Pour y arriver, le Maire de Savè compte sur le bureau de l’association et surtout le charisme de son Président John IGUE. Cet appel a été bien entendu.

D’ailleurs les bases d’une telle idée ont commencé à être mises en place. Plusieurs représentants d’associations de développement présents souhaitent que les discussions se fassent avec plusieurs acteurs afin d’obtenir l’adhésion des communautés à cette fête devant regrouper annuellement tous les yorubas du Bénin.

Pour une paix durable à Savè et dans les collines

C’est le Président Charles ADIMI de l’association Égbè Ibilè, qui a donné le ton du retour à la paix dans la commune de Savè dans son mot de bienvenue au début de l’assemblée générale.  »Plus j’aimais ça » a-t-il martelé faisant référence aux événements malheureux et cycliques qui interviennent dans la commune au cours des élections depuis deux ans. Pour y parvenir, le Préfet des collines, Saliou ODOUBOU souhaite que les responsables de IȘOKAN et les têtes couronnées se donnent la main pour engager des actions concrètes.

Restaurer la culture Yoruba

C’est au détour d’une interview accordée aux journalistes que le professeur John IGUE, Président de IȘOKAN a mis le doigt sur une des pratiques du peuple Yoruba galvaudée de nos jours. Il estime par exemple que le culte égun-gun, tel que pratiqué aujourd’hui est en déphasage avec le réel culte des morts qu’il est censé être. Ce culte selon lui est presque désacralisé et tend vers une théâtralisation. Il en est de même pour le Guèlèdè qui a besoin d’être revu et recollé aux pratiques anciennes car il s’agit d’un masque porte bonheur mais qui aujourd’hui perd ses vertus.

Des réflexions sont en cours selon lui pour inverser la tendance. En outre, il constate que plusieurs communautés Yorubas du Bénin sont déconnectées de la langue mère au profit des variétés dialectales. « Il faut retourner à la source » va-t-il préconisé. A ce sujet d’ailleurs, l’association IȘOKAN a initié une expérience de « classes Yoruba » à travers laquelle les enfants apprennent la langue Yoruba et sa culture. C’est une expérience concluante suite à une évaluation d’étape. Le professeur exhorte donc le gouvernement à accompagner cette initiative et à accorder une attention particulière aux communautés Yoruba du Bénin.

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