Covid-19 : Orounla explique le plan de relance économique du gouvernement

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Alain Orounla, Ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement

Le Ministre Porte-Parole du Gouvernement, Alain Orounla était ce jeudi matin sur la Matinale de Canal 3 afin de mieux éclairer les béninois sur les mesures sociales prises par le gouvernement pour soutenir les secteurs touchés par la Covid-19.

C’était au cours d’un entretien dont en voici la substance :

En conseil des ministres, le gouvernement a pris un certain nombre de mesures pour atténuer les effets du coronavirus sur les entreprises et les populations. Depuis l’arrivée de la pandémie au Bénin, pourquoi c’est maintenant vous prenez ces mesures sociales ?

Alain Orounla : Je vous remercie de l’intérêt que vous portez à cette question. Pourquoi aujourd’hui et pas hier ? Comme la plupart des gouvernants du monde entier, le gouvernement du Bénin a pris conscience très tôt des impacts et des effets pervers que cette crise sanitaire pourrait avoir sur le plan économique et sur le plan social. Mais à la différence des autres gouvernants et de ceux qui ont pris le pari de se lancer, le gouvernement du Bénin n’aime pas les improvisations, la démagogie et les approximations. Parce qu’il aurait été illusoire de prévoir et de chiffrer exactement les conséquences de cette crise sanitaire qui s’est très vite muée en crise économique.

Donc le gouvernement du Président Patrice Talon que vous commencez à connaître, qui est très méthodique et chirurgical a pris le temps d’observer, de mesurer et d’analyser les impacts et d’en discuter avec les acteurs ou les bénéficiaires des mesures qui ont été prises. Puisqu’il s’agit d’une ‘’démarche participative’’ qui est une marque du gouvernement du Président Patrice Talon, avant d’arrêter en accord avec ses différents acteurs les mesures que vous avez pu découvrir. Donc ce n’est qu’aujourd’hui que nous pouvons chiffrer précisément pour ne pas sombrer dans le populisme ou la démagogie, et annoncer des mesures que nous n’aurions pas été capables de financer »

Monsieur le ministre, cela voudra-t-il dire que l’effet du COVID 19 sur le peuple béninois est de 74 milliards ?

« Ce n’est pas cela puisque vous-même aviez dit qu’il s’agit d’un plan social et je voudrais préciser qu’au-delà du caractère social qui est limité, il s’agit d’un plan de solidarité, d’un plan de soutien aux secteurs productifs , donc un véritable plan de relance économique . Et c’est d’ailleurs pour cela que ça se fait actuellement puisqu’il y a un espoir de retour à la normale et cette aide vient pour relancer de manière globale l’économie au-delà de la solidarité dont le gouvernement témoigne, et dont les béninois témoignent. Puisque l’essentiel des fonds mis à disposition, proviennent du budget national donc de la collectivité. »

12 millions d’habitants et 55 mille gens de petits métiers recensés, cela reflète-il vraiment la réalité, cette solidarité n’est-elle pas parcellaire ?

« Effectivement il s’est agi d’identifier les différents artisans et les différents corps de métier impactés par la méthode d’une inscription sur une plateforme digitale. Donc c’est ceux qui ont voulu ou ont pu, parce que l’information a été diffusée largement, qui ont pu s’inscrire sur cette plateforme digitale . Je dois vous confesser que pendant la première période d’identification, on a recensé que 12.000 personnes.

Il a fallu que le président de la République insiste parce que trouvant peu réaliste ce nombre avant qu’on augmente ce nombre en rallongeant la période d’identification et qu’on permette que ces inscriptions soient vite fait notamment dans tous les centres de promotion social sur le territoire national. Ce qui a permis de recenser finalement 55 mille personnes ce qui n’est pas un petit nombre par rapport à la population active. En tous cas toujours est-il que ceux qui ce sont inscrits et à qui on a donné le temps de s’inscrire largement, ont été recensé et nous en sommes à 55.000 bénéficiaires potentiels »

Quel est le sort de ceux qui ne se sont pas fait recenser volontairement quel est leur sort dans ces mesures sociales ?

« Ceux qui ne l’ont pas fait comme vous dites puisque c’est volontaire et qu’on ne peut pas vous contraindre à vous faire identifier…vous conviendrez qu’ils ne puissent pas être impacté par la mesure. Mais je pense quand-même que le chiffre annoncé est suffisamment exhaustif. Et ce n’est qu’un aspect du plan puisque vous avez un soutien financier apporter aux entreprises qui elles savent se défendre. Il y a 63,38 milliards de fcfa qui sont apportés pour le soutien à ces différentes entreprises que nous connaissons »

63 milliards c’est énorme comparé à toute la cagnotte qui se chiffre à 73 milliards. Mais comment le gouvernement a-t-il fait son arbitrage pour consacrer autant de moyen sur les entreprises dites déclarées au détriment de celles non déclarées ?

«  D’abord on ne peut pas parler de détriment puisque c’est le secteur formel qui paye ses impôts qui est le plus éligible à cette mesure du gouvernement. Puisque ce sont ces entreprises qui contribuent à l’effort national et ce n’est que justice que la solidarité ou la relance aille d’abord vers ces entreprises. Mais le secteur informel n’est pas pour autant occulter puisque le deuxième appui va à ce secteur des artisans du secteur formel ou informel ou des petits métiers. Même s’ils paraissent les plus nombreux, c’est forcément les plus couteux, ce n’est pas forcément les plus gros contributeurs. Une entreprise qui emploie 200 personnes, c’est 200 familles qui sont impactées »

On n’a pas remarqué la place du secteur des transports dans ce plan de solidarité. Est-ce à dire qu’ils sont oubliés ?

« Aucun secteur n’est oublié et c’est un plan global qu’il faudra décliner dans les détails. Aucune entreprise susceptible d’être impactée ne sera mise de côté. On retrouve également des transporteurs dans la deuxième catégorie qui sont inclus dans le plan d’aide de 4,98 milliards. Si le conseil des ministres a insisté sur les agences de voyage et les hôtels, c’est parce que ce sont les plus immédiatement impactés. »

A partir de quand va-t-on constaté l’immédiateté de ces mesures ?

« L’immédiateté de ces mesures c’est à partir d’hier. Je dois préciser qu’il y a deux pans important qui doivent suivre. Puisque à ces différentes mesures, il y a des soutiens qui sont prévus pour les pauvres, c’est-à-dire nos compatriotes les plus démunis qui sont en cours d’identification en fonction de critères qui seront révélés le moment venu. Il y a encore une enveloppe supplémentaire à celle qui vient d’être déloquée. Le second pan, c’est un plan supplémentaire de relance du secteur agricole qui regroupe des entreprises qui font des efforts appréciables à l’économie de notre pays. »

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