Bénin : Les forces de l’opposition appellent à veiller sur la crédibilité des législatives

Les leaders de l’opposition étaient face à la presse ce mardi pour se prononcer sur les dernières actualités relatives à la tension socio-politique en cette veille des élections législatives. Voici leur déclaration :

DECLARATION DES FORCES DE L’OPPOSITION

Mesdames et messieurs de la presse
La journée d’hier, lundi 11 mars 2019, a été marquée par deux faits majeurs qui laisseront certainement leurs marques dans l’histoire politique de notre pays.
Le premier, qui a pris corps dans la matinée, est la marche pacifique de protestation organisée par les forces de l’opposition, et le deuxième, dans l’après-midi, la convocation de Me Adrien HOUNGBEDJI, Président du Parti du Renouveau Démocratique (PRD) et Président de l’Assemblée Nationale, par la Brigade Criminelle.
Mesdames, Messieurs,
Environ 100 000 Béninoises et Béninois ont répondu à notre appel hier. Vieux, jeunes, travailleurs, diplômés sans emplois, artisans, et j’en oublie volontiers, étaient au rendez-vous du stade de l’amitié, Général Mathieu KEREKOU, pour dire, à travers une marche, non à des élections législatives exclusives, non à la gouvernance autocratique du Président Patrice TALON, non au règne de la terreur, non à la corruption, non au favoritisme, etc.. Une marche de l’opposition à l’origine, est devenue par la force des choses, la marche du peuple. Ce peuple, seul détenteur de la souveraineté, a manifesté sa désapprobation des décisions iniques et illégales du ministère de l’intérieur, excluant l’opposition des consultations électorales d’avril 2019.
Les Forces de l’opposition, par ma voix, disent merci à tous ces braves compatriotes qui n’ont ménagé aucun effort pour battre le macadam. C’est l’expression de l’attachement du peuple béninois à sa démocratie dont il a toujours été fier. C’est aussi un signal fort à l’endroit du gouvernement qui, dorénavant, peut se faire une idée de l’opposition populaire à sa politique d’exclusion. Vivement que les positions soient revues et que, comme toujours, le Bénin surprenne le monde avant, pendant et après les élections. Toutefois, nous demandons aux militantes et militants de rester mobilisés pour de nouveaux mots d’ordre.
Pendant que la marche prenait fin sur la place de l’étoile rouge, répondait devant la cour constitutionnelle, le PRD de Me Adrien HOUNGBEDJI suite à son recours formulé pour demander que justice soit faite après son exclusion des élections législatives par la CENA. Devant la cour constitutionnelle, des documents dits confidentiels ont été produits par le PRD.
Déjà le vendredi 08 mars dernier, dans cette même salle, nous remerciions chaleureusement le PRD pour ses dénonciations relatives au traitement de faveur fait par la CENA au parti unique du Chef de l’Etat divisé en deux pour camoufler la supercherie. Nous l’avions encouragé à en dire davantage sur ses récriminations contre la commission électorale. Nous venons d’avoir la preuve qu’à la CENA, il s’est passé effectivement beaucoup de tripatouillages, que les deux groupes, Union Progressiste et Bloc Républicain, tous deux créés et entretenus par le Chef de l’Etat, Patrice TALON, ont eu des traitements de faveur de la part de la CENA.
Le 25 février dernier quand le Chef de l’Etat a reçu au Palais de la Présidence, une délégation de l’opposition, il lui a reproché de prendre tout son temps à critiquer des lois votées et promulguées au lieu de s’occuper de ses dossiers de mise en conformité. Les responsables des deux formations politiques du Chef de l’Etat, ont fait de cette assertion de Patrice TALON, leur ligne de défense. Mal leur en a pris, les révélations du PRD prouvent à suffisance que les groupes BR et UP n’ont jamais eu de dossiers à jour mais ont profité des traitements de faveur, à la limite de la tricherie et de la magouille.
Mesdames et Messieurs des médias,
Fuyant l’évident, c’est à Me Adrien HOUNGBEDJI qu’on s’en prend, en le mettant sous convocation pour ce jour, mardi 12 mars 2019. Il lui aurait été demandé de révéler la provenance desdits documents sans se préoccuper de ceux qui sont impliqués dans le faux.
A l’étape actuelle des choses, la cour constitutionnelle a-t-elle besoin de rechercher la provenance des documents de preuve fournis par le PRD, ou plutôt l’authenticité desdites pièces ?
Les membres de la CENA ont-ils réfuté ces documents ?
N’ont-ils pas reconnu leurs signatures au bas desdits documents ?
Est-il anodin que dans la nuit du lundi 04 mars, veille de la délibération de la CENA, certains membres de l’institution aient rendu visite au Chef de l’Etat, selon les propos du Président Candide AZANNAÏ ?
Chers compatriotes,
Si seulement pour la validation des listes, la CENA se compromet à ce point, qu’en sera-t-il quand il s’agira des élections proprement dites, de la collecte des résultats et de la proclamation des grandes tendances ?
Au vu de tout ce qui précède, la Commission Electorale Nationale Autonome (CENA) n’est plus crédible pour conduire en toute impartialité le processus électoral dans notre pays.
Nous invitons toute la classe politique, la société civile et les partenaires au développement, à prendre à cœur ce problème en trouvant un mécanisme pour renforcer la CENA et veiller à la crédibilité des prochaines élections.
Chers amis de la presse,
Béninois et Béninoises,
Notre pays va mal. Trois années de gouvernance hasardeuse ont mis le Bénin à genoux sur tous les plans. La démocratie béninoise est très éprouvée en ce moment. Nous devons à tous prix la sauvegarder. C’est pourquoi nous en appelons à l’unicité des forces vives de la Nation.
Vive les Forces de l’opposition
Vive la démocratie
Vive le Bénin
Je vous remercie.

 

 

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A propos Frejus SASSE

Rédacteur en chef / Vidéo - Journaliste / Blogger

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