Augmentation des prix de la communication : Léhady Soglo fustige une « Taxe sur la critique gouvernementale »

L’ex-maire de Cotonou,  Lehady Soglo partage les appréhensions des Béninoise qui sont subissent depuis quelques jours les affres de l’augmentation des prix de communication et surtout d’internet au Bénin. 

Dans un post publié sur sa page Facebook,  il condamne cette augmentation qu’il assimilé à une taxe sur la critique du gouvernement.  Lisez plutôt

 

C’est avec beaucoup de peine que nous constatons que le Gouvernement de la République du Benin a effectivement fait mettre en application par les opérateurs de téléphonie mobile, la nouvelle taxation liberticide sur internet en général et sur les réseaux sociaux en particulier : la “taxe sur la critique gouvernementale”.

À l’heure où internet et les réseaux sociaux sont devenus un levier de croissance et que tout un écosystème se développe autour de ces outils; il est maladroit et totalement absurde de brider l’usage qu’en font nos populations.

Notre pays a eu la chance et le privilège d’être parmi les premiers en Afrique francophone à avoir accès à Internet en 1995 à l’occasion du sommet de la Francophonie , et il est désolant qu’en 2018 un ministre de la république justifie une telle décision en arguant que “pour pouvoir critiquer le gouvernement sur les réseaux sociaux il faille payer plus” preuve que le réel objectif visé par le gouvernement est bel et bien celui de museler toute forme d’expression contestataire.
C’est juste dommage et pathétique pour notre pays qui depuis un moment a décidé de s’illustrer de la pire des manières dans le concert des nations à travers des lois et des décisions peu compréhensibles.

Il est permis de faire des erreurs, mais persévérer en dépit de tout bon sens est dangereux. Le Benin n’est pas seul au monde et seul à faire face aux enjeux du moment.
Cette grave décision vient par ailleurs accentuer la fracture numérique, d’autant plus qu’elle permet aux plus aisés de “s’offrir le luxe” d’un internet dit “ludique”ouvert aux réseaux sociaux tout en laissant en rade les moins fortunés.
Notre pays a certainement besoin de ressources supplémentaires mais ce n’est pas en surtaxant les populations déjà paupérisées et en privant celles ci du droit à l’information que nous y parviendrons.

Au fin fond de nos contrées, les populations même analphabètes ont réussi grâce à l’inventivité qui les caractérise à trouver des applications pratiques et quotidiennes aux réseaux sociaux, et peuvent également y trouver un fabuleux moyen de s’informer en temps réel; que dire de tous ces apprenants qui utilisent par exemple YouTube pour des tutoriels et des cours ?

Le Benin est en passe de détenir dans la sous région la palme du pays où internet est le plus cher et c’est regrettable.
Travaillons plutôt à élargir l’accès à internet au plus grand nombre, car c’est en augmentant le nombre d’utilisateurs que nous pourrons avoir des revenus additionnels et stables; tout en répartissant la charge sur une base plus large; pas en surtaxant.

J’invite les autorités béninoises qui parlent d’économie numérique, d’accès au haut débit , à joindre les actes à la parole et à annuler purement et simplement cette mauvaise décision, qui est une véritable régression et une atteinte au droit à internet libre pour tous.

#LVS
#TaxePasMesMo

PS: Ci joint une illustration de l’impact des nouvelles mesures:
Taxation supplémentaire de 5F/Mo et 5% supplémentaires sur le taux de TVA (18%) soit 23%.
Prenons un opérateur qui facturait 1,5 Go à 3.000 F TTC(1Go= 1024 Mo ) soit environ 2.540 F HT
Taxation réseaux sociaux:
1024 x 1,5 x 5 F = 7680 F HT
Coût final = (2540 F + 7680 F )x 1,23 soit environ 12.570 F TTC ce qui entraîne environ 9570 F de “taxe sur la critique” !!
A chacun d’apprécier.

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About Ulvaeus BALOGOUN

Directeur de Publication / Journaliste Multi-média

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