Attribution de bourses et secours dans les universités publiques : Marie-Odile Atanasso s’explique sur la réforme

La Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Marie-Odile ATANASSO, était face aux internautes lors du ASKGOUV du jeudi 18 juillet 2019. A l’occasion, elle s’est prononcée sur les réformes engagées pour bancariser les allocations universitaires :

Comment se fait réellement l’attribution de bourses et secours dans les universités publiques ?

Depuis 2016, nous avons changé de méthodes d’attribution de bourses et secours. Il n’y a plus de bourses pour la forme. Nous partons des besoins exprimés par les ministères sectoriels. Ensuite nous envoyons des courriers aux entités universitaires pour savoir leur capacité d’accueil en tenant aussi compte des contraintes budgétaires. Nous mettons en place une commission qui travaille sur des critères bien définis pour l’exécution du PAG. Les bourses sont données par quota aux entités et par ordre de mérite selon la moyenne obtenue au baccalauréat. Depuis 2016, les élèves bacheliers font le choix de leur filière au moment du dépôt de leurs dossiers pour le bac. Cela permet d’avoir toute l’information sur les filières choisies par les élèves et en fonction des critères définis plus haut, nous faisons la sélection des dossiers. Les étudiants dans leur dossier ont trois possibilités de choix selon leur préférence. Lorsque l’étudiant n’est pas sélectionné pour le premier, on passe au second choix puis au troisième. Si aucun choix n’est fait, nous regardons la possibilité de lui offrir la demi-bourse selon toujours ses choix. Si aucune possibilité ne s’offre à l’étudiant, on passe à l’étape où l’étudiant doit totalement payer sa bourse. C’est la première étape. Malgré la volonté du gouvernement de donner beaucoup de bourses, il y a trop de méritants et peu de places pour la bourse.

Après cette étape, la direction des bourses prend les dossiers et étudie à son tour selon le décret 155-2017 du 10 mars 2017, portant attribution de bourses au Bénin. Parmi les critères, il faut être de nationalité béninoise, avoir 21 ans au plus au 31 décembre de l’année d’obtention du bac pour le niveau licence, pour le niveau Master et doctorat, les âges sont de 26 et de 29 ans ; s’inscrire effectivement dans une université et déposer le dossier dans le délai requis. A ce niveau, les étudiants ont beaucoup d’insuffisances. Ce qui leur fait perdre beaucoup de bourses. Après l’étape de la direction des bourses, nous envoyons les dossiers au ministère des finances. Les bourses sont traitées comme les salaires des agents de l’Etat c’est-à-dire virées dans les comptes bancaires de chaque étudiant. Pour d’autres explications, je vous demanderais de vous rapprocher de mes services compétents. Ce qu’il faut retenir, la bourse ne se donne plus au hasard.

LIRE AUSSI ;

Choix de filières d’après BAC : Voici le guide d’orientation du ministère de l’enseignement supérieur

Quels sont les avantages du décret de 10 Mars 2017 pour l’étudiant béninois ?

Dans l’ancien décret, il y avait une proportion par entité et par faculté, il fallait passer en 2e année avec 11,50 de moyenne pour avoir la bourse. Actuellement, nous sommes arrimés au système LMD. Il n’y a plus ce problème de calcul de moyenne. Nous donnons la bourse en début d’année dans un paquet licence ou master ou doctorat selon les cas. Nous identifions avec le mécanisme que j’ai expliqué tantôt. Ce qui a changé est que nous avons mis l’accent sur les filières prioritaires si bien que nous donnons la bourse à tous ceux qui le méritent et selon la vision de développement exposée dans le PAG. L’avantage est que le nombre de boursiers a augmenté. En 1ére année, nous avons donné plus de 15.000 bourses en licence cette année en battant tous les records. Cela fait environ 45.000 boursiers sur les 3 ans si tous les étudiants passent avec succès leurs semestres. Ce décret nous permet aussi de maîtriser les effectifs et faire des projections dynamiques. L’âge d’accès à la bourse doctorale est amélioré en passant de 26 à 29 ans tenant ainsi compte des contraintes de notre pays. Toujours dans la vision d’améliorer les conditions de vie des étudiants, nous avons défini un quota d’accès aux secours universitaires. Sur instructions du Chef de l’Etat, quelques étudiants non boursiers seront repêchés au semestre 3 pour bénéficier des allocations.

Le gouvernement nous a promis la mensualisation du payement des bourses aux étudiants mais force est de constater que cela n’est pas le cas. La DBSU prend presque 6 mois voire 1 an pour traiter et afficher les noms des allocataires. Et ceci dans l’indifférence totale du gouvernement… Ma question est celle-ci : quelles sont les mesures que le gouvernement prend pour palier ce problème ?

D’abord, le gouvernement n’a jamais été indifférent aux problèmes des étudiants car ils constituent un maillon important de la jeunesse. On peut relever des dysfonctionnements dans l’administration. Selon mes explications plus haut, les étudiants sont censés avoir la bourse en 1ère année de façon mensuelle et régulière. Lorsque nous passons en 2e année, c’est-à-dire le semestre 3, il faut vérifier si l’étudiant est passé au semestre 3.  Les difficultés proviennent du fait que les années commencent très tard et aussi les résultats ne sont pas donnés à bonne date. Si nous n’avons pas les résultats fournis par les établissements, facultés, écoles, … nous n’aurons pas de dossiers à soumettre à la commission des bourses. Cela fait que toutes nos prévisions et efforts sont frappés par cette faiblesse. La responsabilité n’est pas au niveau du gouvernement mais plutôt au niveau des recteurs, doyens et autres responsables académiques. Mais le Chef de l’Etat et son gouvernement s’attèlent à corriger ces imperfections qui plombent nos efforts envers les étudiants. Il est exigé des universités de finir à bonne date les années académiques. D’ailleurs d’ici quelques jours, j’aurai le plaisir de vous annoncer que toutes nos universités ont terminé leur année académique.

Digiprove sealCopyright secured by Digiprove © 2019

A propos Frejus SASSE

Rédacteur en chef / Vidéo - Journaliste / Blogger

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *